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L'Oncle Sambuq, par Paul Arène, page 8 of 8



Mais l'Américain continue: —Je sais pourquoi vous venez à New-York; êtes-vous homme à nous entendre?


—Pourquoi pas? répond Tréfume, qui croit qu'il s'agit de l'héritage; on peut toujours s'entendre entre braves gens.


—Braves gens ou non, voici dans ce portefeuille cinquante mille francs en bank-notes. Si vous voulez, ils sont à vous, avec une somme égale qu'un inconnu vous remettra au moment du départ, quand la Bretagne lèvera l'ancre. Car la Bretagne part ce soir, et vous partirez avec elle. Est-ce dit?


—C'est dit!


—Maintenant, topez là, nous ne nous sommes jamais vus.


Patron Tréfume faisait d'inutiles efforts pour comprendre. Il accepta pourtant: cent mille francs, c'est une somme; et puis il commençait à en avoir assez de leur New-York. Les conventions furent des deux côtés loyalement tenues. Et voilà comment, ayant eu la chance d'être pris pour un mouchard, Patron Tréfume se trouva héritier de l'oncle Sambuq, mort insolvable à l'hôpital.


Patron Tréfume, d'ailleurs, n'a pas encore bien compris, mais ce détail ne le trouble guère. Il déclare même volontiers, aux heures de Bourse, quand, ayant passé la redingote, il va siroter sa demi-tasse au Café Turc, qu'en fait d'affaires rondement menées, ces Américains sont décidément le premier des peuples.


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